LE PRIX DE L’OR ANNONCE LA PROCHAINE CRISE MONDIALE

July 18, 2019
par Egon von Greyerz

Après six longues années d’attente, la ligne d’or Maginot à 1,350 $ a enfin été brisée !

Cette résistance s’est révelée beaucoup plus solide que la ligne de fortifications construite par les français lors de la Seconde Guerre mondiale (il avait fallu moins d’un an aux Allemands pour la traverser en 1940).

Mais il faut garder à l’esprit que la hausse du prix de l’or est le signe annonciateur d’une crise économique à venir.

Dans un article publié en février, j’écrivais :

“La ligne ne tiendra pas. Il est fort probable qu’elle soit traversée définitivement en 2019, certainement au cours des trois prochains mois.”

Il a fallu quatre mois pour que la cassure se produise, j’avais donc un mois de retard. Il fallait quand même que ça arrive. Dans le même article, j’ai également dit :

“Une fois brisée, la correction de l’or sera enfin terminée et nous dirigerons vers de nouveaux sommets et bien au-delà.”

Voilà où nous sommes aujourd’hui. La cassure a enfin eu lieu et je doute que j’aurais l’occasion de voir de mon vivant le prix descendre aussi longtemps sous les 1 350 $. La ligne de résistance de 6 ans est devenue une ligne de support extrêmement solide.

L’or atteindra rapidement les 1 650 $ avant de se diriger vers de nouveaux sommets. Comme je l’ai dit à maintes reprises, nous verrons des niveaux que personne ne peut imaginer aujourd’hui.

Le rallye de l’or commence à peine

Le rallye des métaux précieux n’a pas encore vraiment commencé. L’or a progressé de 125 $ depuis le 30 mai, mais l’argent est à la traîne avec un ratio or/argent supérieur à 92, un nouveau sommet pour ce siècle. Les vendeurs à découvert d’argent papier se battent désespérément pour maintenir le prix bas. Ils finiront par échouer, même si nous pourrions voir le ratio augmenter un peu avant de se retourner. Ensuite, le prix de l’argent explosera et montera beaucoup plus vite que celui de l’or. Si le ratio atteint 30 comme en 2011, l’argent grimpera trois fois plus vite que l’or. Quand l’or sera à 2 000 $, l’argent devrait atteindre 66 $. Ce serait qu’un début. Mais souvenez vous que l’argent est extrêmement volatil et qu’il faut avoir le coeur bien accroché.

Le platine n’a pas encore rejoint l’or et progresse doucement à des niveaux observés en 2004 et 2008. À un moment donné, le platine décollera et se déplacera probablement beaucoup plus vite que l’or.

Le dollar a commencé son voyage vers la perdition

Enfin, le dollar semble avoir amorcé son voyage vers zéro. Cela ne se fera évidemment pas du jour au lendemain, mais il est garanti que nous verrons la fin du dollar et de son statut de monnaie de réserve dans les prochaines années.

L’or n’est pas un investissement, mais une assurance patrimoniale

De nombreux investisseurs avertis parlent maintenant d’or et de la possibilité de voir son prix exploser à la hausse. Mais n’oubliez pas que l’or ne doit pas être vu comme un investissement, mais comme un actif permettant de protéger son patrimoine contre un système financier pourri et une économie mondiale en faillite.

On n’achète pas de l’or pour réaliser des gains à court terme, mais comme une assurance contre les risques énormes que nous voyons dans le système. Nous ne sommes pas dans l’or pour profiter d’un mouvement de prix. L’or est la conséquence de notre évaluation du risque mondial, qui est extrême. De nombreux détenteurs d’or impatients se réjouissent aujourd’hui de l’évolution des prix, mais la forte hausse à laquelle nous allons assister sera le signal d’alarme annonciateur d’une période très difficile. Je ne veux évidemment pas être rabat-joie, alors profitons de ce premier vrai rallye depuis six ans.

L’illusion est terminée et les années sombres sont là

Nous allons bientôt entré dans la phase suivante, celle des Années sombres .

Les Années sombres sont la conséquence d’un monde qui vit depuis des décennies au-dessus de ses moyens, convaincu que le crédit et la monnaie imprimée peuvent apporter la prospérité. Nous réaliserons bientôt que tout cela n’était qu’une illusion qui se transformera en dure réalité. Cela signifie une implosion des marchés de la dette et de tous les actifs de la bulle qui ont été financés par la dette.

Le plus gros risque est le marché des dérivés de 1,5 quadrillion $ qui, à un moment donné, partira en fumée. Ces produits dérivés fonctionnent uniquement pendant les marchés haussiers, lorsqu’il y a de la liquidité dans le système. Dans les prochains marchés baissiers, il n’y aura pas de liquidité et la bulle des produits dérivés implosera, car non seulement la contrepartie fera faillite, mais elle disparaîtra aussi. Il n’y aura personne de l’autre côté de toutes ces transactions sur produits dérivés qui ont été la principale source de revenus des banquiers. Je parlerai plus tard de Deutsche Bank pour illustrer le désastre à venir des produits dérivés.

Le Venezuela montre-t-il le chemin ?

Le prochain cataclysme financier et économique aura clairement un impact majeur sur les gens du monde entier. Nous n’avons qu’à regarder le Venezuela pour comprendre ce qui se passe lorsqu’un pays mal géré manque d’argent et se tourne vers l’impression monétaire massive dans une tentative futile de remédier à ses échecs. La majorité des Vénézuéliens n’ont pas d’argent, pas assez de nourriture, d’eau ou de carburant et pas de médicaments. D’ici fin 2019, 5 millions de Vénézuéliens désespérés auront fui leur pays. Cela a des répercussions sur les pays voisins, à savoir la Colombie, le Pérou, le Chili, etc., qui n’ont pas la capacité d’aider les réfugiés. Ce problème sera bien entendu beaucoup plus important lorsqu’il deviendra mondial et que la plupart des pays se trouveront dans la même situation.

La fed été le déclencheur, mais pas la cause

Il y a toujours des catalyseurs pour déclencher l’inévitable. Le récent rallye de l’or n’a pas été causé par la déclaration de la Fed. Çe serait dans tous les cas arrivé. La Fed n’a été que le déclencheur. L’or était sur le point de monter et il y a toujours un catalyseur ou une excuse sur laquelle les médias peuvent s’appuyer.

Au cours des prochains mois, les marchés seront extrêmement volatils. Le marché boursier américain est encore dans sa phase ultime d’euphorie, durant laquelle n’importe quelle information est une bonne nouvelle. Une baisse des taux due à un ralentissement de l’économie devrait potentiellement être très baissier pour les actions, mais pas dans cette dernière phase euphorique. Les actions américaines ainsi que les marchés mondiaux achèvent leurs derniers mouvements à la hausse avant d’entamer un marché baissier séculaire à long terme. La baisse pourrait débuter au cours des prochaines semaines ou dans 2-3 mois. Avant que le déclin soit terminé, nous devrions assister à une correction d’au moins 90%, en termes réels, comme en 1929-1931.

Lorsque le marché baissier des actions commencera sérieusement, les investisseurs achèteront d’abord les points bas, mais très rapidement, il seront surpris par la violence de la baisse. Au moment du krach, l’euphorie et l’optimisme se transformeront rapidement en dysphorie et pessimisme extrême. J’en ai fait personnellement l’expérience au début des années 1970 au Royaume-Uni, lorsque nous pensions que la récession ne finirait jamais.

Les banques centrales vont paniquer

Alors que l’économie mondiale ralentit et que le système financier est sous pression, les banques centrales du monde entier sont toutes en train de baisser leurs taux. La Fed devrait procéder à quatre réductions au cours des 12 prochains mois et Draghi vient d’indiquer clairement que la BCE se tient prête à sortir toute l’artillerie de mesures de relance. Il a indiqué que de nouvelles réductions de taux “font toujours partie de nos outils” ainsi que de nouveaux achats d’actifs, ce qui signifie plus d’assouplissement quantitatif. Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), a décidé de se joindre aux deux autres imprimeurs de monnaie : “Si l’économie est soumise à de fortes pressions baissières et si nous sommes amenés à dire avec confiance que la réalisation de notre objectif de prix est en train d’être compromise, la BoJ devra assouplir sa politique immédiatement et sans hésitation,” a-t-il expliqué.

Nous pourrions donc assister à une action coordonnée des banques centrales afin de stimuler davantage une économie mondiale en difficulté. L’économie mondiale ralentit beaucoup plus vite que ce qu’aucun banquier central n’oserait l’admettre. Ils savent aussi, bien sûr, que le prochain ralentissement fera qu’un grand nombre de créances irrécouvrables deviendront des dettes sans valeur. Il suffit de regarder les obligations d’entreprises à haut risque aux États-Unis (1 200 milliards), ou la dette chinoise, qui est passée de 2 000 milliards $ à 40 000 milliards $ au cours du siècle, ou encore la dette italienne, qui représente 145% du PIB du pays.

La dette japonaise de 1.1 quadrillion de yens, soit 235% du PIB, et détenue à 70% par le gouvernement japonais, qui est le seul acheteur des nouvelles émissions. Même avec un taux d’intérêt légèrement supérieur à 0%, le Japon ne parvient même pas à payer les intérêts de la dette sans émettre plus de dette. Comme je le dis depuis longtemps, l’économie japonaise va sombrer dans le Pacifique, et le yen avec. Je pourrais continuer, car il n’y a pas un seul pays qui soit dans une situation économique saine.

La Deutsche Bank est-elle la plus malade de toutes ?

Deutsche Bank n’est qu’un exemple de banque en faillite et donc de déclencheur potentiel de la prochaine crise financière mondiale. Le cours de l’action DB, qui a perdu 94% depuis 2007, est révélateur. Un titre qui chute autant est pratiquement garanti de finir à ZÉRO.

Ce n’est qu’une question de temps. Étant donné que DB est l’une des plus grandes banques du monde, un effondrement aurait des répercussions sur le système bancaire mondial. DB est trop grosse pour faire faillite. Mais elle est aussi trop grosse pour survivre. D’autant plus que son bilan est inquiétant. DB est une banque internationale et une institution allemande. Ainsi, ni le gouvernement allemand, ni la Fed ou d’autres banques centrales ne la laisseront s’effondrer sans tenter un sauvetage massif.

Mais comment DB peut-elle survivre avec un bilan à faire envier les plus grands fraudeurs ?

Le capital social et les réserves s’élèvent à 54 milliards €, soit 1,8 % des actifs totaux. Donc, une perte sur créance de 2% rendrait la banque insolvable. Ils seraient chanceux si les pertes sur créances n’atteignaient que 20%.

Mais attendez, il faut maintenant ajouter les 44 000 milliards € de produits dérivés. L’actif net de DB ne couvre que 0,1% des dérivés. Ainsi, une perte de seulement 0,1% sur le portefeuille de produits dérivés suffirait à couler DB.

Aujourd’hui, comme toutes les banques, la direction de DB soutiendra que l’exposition nette aux produits dérivés ne représente qu’une fraction des 44 000 milliards €. Ils ne tiennent pas compte qu’en cas de défaillance d’une contrepartie, l’exposition brute reste brute. Il n’y a donc aucune compensation. De plus, comme je l’ai expliqué plus haut, dans un marché baissier, il n’y aura ni liquidité ni acheteurs.

Cette banque qui, selon le conseil d’administration, vaut 54 milliards €, n’est clairement pas considérée comme une entreprise viable par le marché boursier puisque sa valeur de marché n’est que de 13 milliards €, soit 23% de la valorisation faite par ses dirigeants. Hmmmm !

DB est l’une des pires banques, mais lorsque la crise financière se déclenchera, nous constaterons que la plupart des banques sont dans une situation catastrophique. L’impression illimitée de billets de banque n’est pas loin et, avec elle viendront l’hyperinflation et les taux d’intérêt supérieurs à 10%.

Qu’est-ce qui déclenchera la prochaine crise mondiale ?

La prochaine crise mondiale devrait commencer à l’automne 2019. Ce sera la continuation de la crise de 2006-2009 qui n’a jamais été résolue mais seulement reportée. Cette fois, le monde part avec une dette de 240 000 milliards $, soit plus de deux fois le niveau d’endettement de 2006. Et le risque est exponentiellement plus élevé que la dernière fois.

L’élément déclencheur du cataclysme à venir dans l’économie mondiale peut venir de n’importe où : de Deutsche Bank, des obligations à haut risque américaines ou du Japon. Quel que soit le catalyseur, il provoquera la panique sur les marchés, la confiance s’évaporant pour laisse place à la peur.

Le moment est venu de s’y préparer. Il sera bientôt trop tard. L’or physique devrait être au coeur de votre stratégie de préservation du patrimoine.



Egon von Greyerz
Fondateur
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Zurich, Switzerland
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